AIF – Principes de base

Principes de base provisoire
Alliance internationale des femmes (AIF)

I

Tout au long du siècle passé, les femmes du monde entier se sont battues contre les inégalités, les discriminations et les oppressions multiples. C’est grâce à leurs luttes persistantes pour des droits politiques, économiques et culturels qu’elles ont obtenu le droit de vote, des droits de propriété, le droit à un salaire égal pour un travail égal, le droit à un congé maternité, le droit de se syndicaliser et de s’organiser, entre autres droits fondamentaux. Ces victoires leur ont petit à petit fait prendre conscience qu’il fallait lutter contre toutes les formes de discrimination des femmes, que ce soit des discriminations fondées sur la couleur, la race, la culture, l’ethnicité ou la religion. À travers leurs combats, les femmes se sont rendu compte qu’elles devaient se battre pour leurs droits reproductifs, l’utilisation des contraceptifs, le droit à leur propre corps et le droit de choisir. L’opinion publique a ainsi été sensibilisée aux droits des femmes et des filles à une protection contre la violence domestique, le harcèlement sexuel et le viol.

Les luttes collectives de ces cent dernières années, menées par des femmes exploitées partout dans le monde, ont fait avancer les droits et les intérêts des femmes, alors même que le capitalisme monopolistique et dévastateur plonge l’économie mondiale dans la plus terrible crise de notre époque. Néanmoins, du fait que les crises économiques, politiques et sociales s’aggravent, les gains séculaires du mouvement des femmes s’érodent.

II

De par le monde, les peuples souffrent à cause de la plus grave crise économique et financière que le monde ait connue. Les soi-disant mesures de redressement prises par les États-Unis et les autres pays impérialistes n’ont réussi qu’à sauver leurs propres intérêts et profits au détriment des pauvres du monde entier.

C’est pourquoi, nos sœurs laborieuses en Asie, Afrique et Amérique latine, la vaste majorité des femmes de ce monde, doivent encore travailler sous le joug de relations féodales, dans des sociétés dirigées par des propriétaires, chefs de guerres et autres oligarchies soutenues par l’impérialisme pour mieux écouler produits et ressources.

Les travailleuses sont mises à la porte, partout dans le monde, par des entreprises qui ferment ou délocalisent vers n’importe quel endroit où ces exploiteurs (les multi- et transnationales) peuvent profiter d’une main d’œuvre extrêmement « bon marché », c’est-à-dire principalement des femmes et des jeunes, travaillant pour des sweatshops, dans la précarité et la flexibilité.

La crise a forcé des millions de femmes de pays sous-développés à quitter leurs maisons et leurs familles pour migrer vers d’autres pays, à la recherche de meilleures conditions de vie. Ce sont les versements de ces migrantes qui ont soutenu les économies en banqueroute d’Asie, d’Amériques latine et centrale, des Caraïbes, d’Afrique et d’Europe de l’est.

Les femmes des classes opprimées et exploitées sont parmi les plus touchés par la crise. Elles luttent pour survivre, pour des salaires décents, des emplois, une éducation pour leurs enfants et les droits fondamentaux de la personne. La plupart du temps, elles doivent le faire en temps de militarisation et de guerre. Sous le poids de multiples oppressions et de formes variées de discrimination et de violence, elles travaillent plus pour gagner moins, ont moins accès à la richesse de la planète pour de plus lourdes responsabilités familiales. Elles font toujours les frais des valeurs patriarcales et des systèmes sociaux arriérés.

La guerre mondiale contre le terrorisme, menée par les États-Unis, sert de prétexte pour imposer des politiques de mondialisation et défendre les intérêts économiques des États-Unis et des autres gros pays capitalistes, ce qui donne de « bonnes raisons » aux gouvernements pour accélérer la militarisation et le terrorisme d’État. Assassinats, détentions et harcèlements des femmes et des enfants en résultent. Sous couvert de sécurité, les gouvernements répressifs perpétuent des meurtres extrajudiciaires et des enlèvements de femmes, d’hommes et d’enfants. Les conflits ethniques et les guerres civiles entraînent des déplacements forcés de milliers de personne. Les femmes, dans les lieux de conflit, risquent davantage le viol de guerre et le meurtre. Elles sont obligées de servir dans les armées, et dans les circonstances les plus extrêmes, elles risquent de devenir victime de génocide.

III

Les femmes opprimées du monde s’organisent pour résister aux agressions économiques, politiques et militaires de l’impérialisme et tirent leur inspiration et leur force de certaines luttes, comme celles:

– des femmes de Palestine, qui survivent à plus de soixante ans de génocide, d’occupation et d’agression, perpétrés par l’État d’Israël et son apartheid, soutenu par les États-Unis et les autres grands pouvoirs;

– des femmes d’Afghanistan, qui continuent de dénoncer l’hypocrisie de la guerre qui ravage leur pays sous prétexte de les libérer;

– des femmes d’Iran, qui affrontent le régime des mollahs et défient ses tentatives pour les renvoyer à l’âge de pierre;

– des femmes des Philippines, qui sont en première ligne de la lutte pour la libération nationale et sociale, en opposition aux politiques de mondialisation néo-libérale imposées par les États-Unis et à la guerre anti-terroristes (soutenue par les États-Unis) que mène leur gouvernement. Celui-ci a fauché des centaines de vies de militant-e-s pour les droits de la personne et d’activistes communautaires.

– des femmes du Mexique, qui se battent pour que justice soit faite pour les centaines de femmes assassinées en toute impunité autour de la zone d’exportation de Ciudad Juarez;

– des femmes Tamouls du Sri Lanka, qui ont combattu un régime génocidaire, alors même que les grands pouvoirs, dont le Canada, observait un silence complice.

Nous sommes solidaires des femmes de différentes communautés en Afrique, qui se battent pour survivre au pillage des terres par des entreprises minières étrangères, tout en faisant face aux ravages du Sida, sous le regard des compagnies pharmaceutiques; des femmes de Haïti, berceau de la révolte victorieuse contre l’esclavage et de la première République noire du monde dirigée par des Noir-e-s, et qui doit encore résister aux invasions étrangères; et des femmes autochtones du monde, du Guatemala à Aotearoa, en passant par ici, sur l’île de la Tortue, qui ont résisté au génocide et préservé des cultures et des traditions millénaires que les États coloniaux ont vicieusement essayé de supprimer.

Ces luttes rappellent la résistance des femmes opprimées aux pillages et aux vols de l’impérialisme. Plus encore, elles montrent leur désir et leur persistance à bâtir un système alternatif, qui soit humain, équitable et juste. Un système alternatif fondé sur la justice sociale et la démocratie, où les ressources de la terre servent les besoins des peuples et non les profits de quelques-uns. Et où tous les peuples de toutes les nations goûtent et apprécient la liberté, la démocratie et l’égalité entre les femmes et les hommes.

Cette vision nous oblige à allier nos forces pour combattre notre ennemi commun, pour défier l’impérialisme, ses politiques économiques, ses guerres d’agression et ses mesures fascistes contre les peuples opprimés du monde.

Le temps est venu d’allier les femmes de toutes races et de toutes nations pour former une coalition nous permettant de partager les efforts et de soutenir les luttes des femmes dans nos pays respectifs et dans le monde entier.

En ce jour, cent ans après la déclaration de la première journée internationale des femmes laborieuses, nous, les femmes du monde entier, nous rassemblons et proclamons:

Unissez-vous pour un mouvement mondial et militant des femmes au 21e siècle!

Résistez à toutes les formes d’attaques impérialistes et réactionnaires contre la vie des femmes!

Battez-vous contre les guerres et pillages impérialistes!

Faites avancer le mouvement pour la justice sociale, la démocratie et la paix!

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